Enceinte, on vous licencie | Annulation du licenciement

Apprendre qu'un licenciement se prépare alors qu'on est enceinte est une épreuve, mais la loi protège la salariée. Dès que l'employeur a connaissance de la grossesse médicalement constatée, il ne peut plus rompre le contrat, sauf faute grave sans lien avec l'état de grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à celui-ci. Ce courrier rappelle cette protection à l'employeur et demande l'annulation de la procédure engagée. Mieux vaut l'envoyer rapidement, par écrit, pour fixer une date certaine et conserver une preuve.

La protection de la salariée enceinte contre le licenciement

Le Code du travail interdit à l'employeur de licencier une salariée en raison de sa grossesse. Cette protection est encadrée par l'article L1225-4, qui dispose : "Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d'une salariée lorsqu'elle est en état de grossesse médicalement constaté, ainsi que pendant l'intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu'elle use ou non de ce droit, et pendant les dix semaines suivant l'expiration de ces périodes."

La protection s'applique dès que l'employeur a connaissance de la grossesse, c'est-à-dire à partir du moment où la salariée la lui a déclarée, médicalement constatée. Tant que cette période court, le licenciement est en principe interdit.

Les seules exceptions admises

L'employeur ne peut rompre le contrat que dans deux cas limités : s'il justifie d'une faute grave de la salariée sans lien avec son état de grossesse, ou d'une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à l'accouchement. En dehors de ces situations, la décision est illégale.

Que se passe-t-il en cas de licenciement irrégulier ?

Un licenciement prononcé en violation de ces règles est nul. La salariée peut demander sa réintégration et obtenir le versement des salaires dont elle a été privée, ainsi que des dommages et intérêts. En cas de désaccord persistant avec l'employeur, le conseil de prud'hommes est compétent pour trancher le litige.

En résumé

Une salariée licenciée alors qu'elle est enceinte peut obtenir l'annulation de ce licenciement en envoyant à son employeur, dans les 15 jours suivant la notification, un certificat médical attestant de sa grossesse. Le licenciement est alors nul de plein droit, sauf faute grave sans lien avec la grossesse.

APERÇU

Paris, le 29 juillet 2026.

Objet : demande d'annulation de la procédure de licenciement engagée pendant ma grossesse

Madame, Monsieur,

Je suis salariée de [nom de l'entreprise] depuis le [date d'embauche], au poste de [intitulé du poste]. Le [date], je vous ai informé de mon état de grossesse, médicalement constaté, en vous remettant le certificat médical établi par mon médecin.

Le [date], vous m'avez pourtant fait connaître votre intention d'engager à mon encontre une procédure de licenciement [préciser : convocation à un entretien préalable fixé au [date] / lettre de licenciement notifiée le [date]]. Je conteste cette décision.

L'article L1225-4 du Code du travail est clair : aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d'une salariée en état de grossesse médicalement constaté, pendant les périodes de suspension du contrat liées au congé de maternité, ni pendant les dix semaines qui suivent leur expiration. Ma grossesse vous étant connue depuis le [date], je bénéficie pleinement de cette protection.

La loi ne réserve que deux exceptions : une faute grave de ma part sans lien avec mon état, ou l'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse. Aucune de ces situations n'est ici caractérisée. Un licenciement prononcé dans ces conditions serait entaché de nullité, comme le rappelle une jurisprudence constante.

En conséquence, je vous demande de bien vouloir annuler cette procédure dans les meilleurs délais et de me confirmer par écrit le maintien de mon contrat de travail aux conditions antérieures.

À défaut de réponse de votre part sous [délai, par exemple quinze jours], je me verrais contrainte de saisir le conseil de prud'hommes, qui peut ordonner ma réintégration ainsi que la réparation du préjudice subi. Je reste néanmoins pleinement disposée à poursuivre notre collaboration.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Votre lettre, prête à l'emploi

A savoir

À SAVOIR : adressez ce courrier à votre employeur (direction ou service des ressources humaines) en lettre recommandée avec accusé de réception. Conservez une copie du courrier et l'avis de réception : ce sont vos preuves de la date et du contenu.

Rappelez ou joignez le certificat médical attestant votre grossesse, avec sa date. La protection ne joue qu'à compter du jour où l'employeur a connaissance de votre état, alors indiquez précisément quand vous l'en avez informé.

Mentionnez les références utiles : nom, poste, date d'embauche, et date à laquelle la procédure vous a été annoncée ou notifiée. Si vous avez reçu une convocation à un entretien préalable ou une lettre de licenciement, citez-en les références.

Un licenciement prononcé pendant cette période est nul. Si l'employeur maintient sa décision malgré votre rappel, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes, qui peut ordonner votre réintégration et l'indemnisation du préjudice. Rapprochez-vous d'un représentant du personnel, de l'inspection du travail ou d'un avocat en droit du travail.

Gardez tous les échanges (courriels, courriers, comptes rendus d'entretien) : en cas de litige, ces pièces comptent. Restez factuelle et courtoise dans votre lettre, car votre but est d'obtenir l'annulation, pas d'envenimer la relation.

Questions fréquentes

Quel délai ai-je pour faire annuler mon licenciement si je suis enceinte ?
Vous disposez de 15 jours à compter de la notification de votre licenciement pour envoyer à votre employeur un certificat médical attestant de votre grossesse. Ce délai est impératif : passé ce terme, vous ne pouvez plus invoquer cette protection pour obtenir l'annulation automatique.
Faut-il envoyer le certificat médical par lettre recommandée ?
Il est fortement conseillé d'envoyer le certificat médical par lettre recommandée avec accusé de réception, afin de conserver une preuve de la date d'envoi et de la réception par l'employeur. Cette précaution est essentielle si un litige survient par la suite.
Que se passe-t-il si l'employeur refuse de réintégrer la salariée malgré le certificat médical ?
Si l'employeur ne tient pas compte du certificat médical et maintient le licenciement, la salariée peut saisir le conseil de prud'hommes pour faire constater la nullité du licenciement. Le juge peut alors ordonner la réintégration et condamner l'employeur à verser des dommages et intérêts.
Existe-t-il des cas où la protection contre le licenciement ne s'applique pas ?
Oui. La protection ne joue pas en cas de faute grave de la salariée sans lien avec sa grossesse, ni lorsque le maintien du contrat est impossible pour un motif totalement étranger à la maternité. Ces exceptions restent strictement encadrées par la loi et appréciées par les juges.
Cette démarche est-elle gratuite et à qui s'adresser en premier lieu ?
La saisine du conseil de prud'hommes est gratuite. Avant d'engager une procédure, vous pouvez contacter l'inspection du travail de votre département pour signaler la situation ou obtenir des informations, ainsi qu'un syndicat ou un avocat spécialisé en droit du travail.

37.000 Citations célèbres

Besoin d’inspiration, d’une belle phrase pour accompagner un discours ou simplement d’une citation marquante à partager ?
Découvrez 37 000 Citations, un site dédié aux plus belles citations d’auteurs célèbres, d’écrivains, de philosophes et d’anonymes.

Notre modèle de lettre « Enceinte, on vous licencie | Annulation du licenciement » vous est proposé gratuitement sur Modèle lettre gratuit ! Modifiez ou utilisez gratuitement ce modèle de lettre pour rédiger votre courrier. Vous pouvez aussi télécharger et imprimer la lettre « Enceinte, on vous licencie | Annulation du licenciement »
Copié !